Amertume

Aujourd'hui, sur mon sort je m'apitoie
La maladie, de mon corps a pris possession
Seule, sur mon lit de malade, personne je ne vois
Combien de temps, me pose-je cette question
Devrais-encore longtemps, supporter ce fardeau ?
Qu'à ma naissance j'ai reçu en cadeau !

Les fées sur mon berceau ne se sont point penchées
Ainée de la famille, très tôt j'ai été sollicitée
Les câlins, les caresses aux plus jeunes étaient destinés !
Un enfant chaque année, maman peu à peu m'a oubliée
Ainsi, très vite, je suis devenue la grande
Celle à qui toujours, un peu plus on demande !

Demander et recevoir n'étaient pas mon ordinaire
Le seul pour qui j'avais de l'intérêt était mon père !
Il m'a fait partager sa passion pour la photographie
Je garde encore en moi, le secret de la chambre noire,
Voir apparaitre, les images sur le papier, comme par magie !
Ces moments privilégies sont gravés dans ma mémoire

Hélas, un soir de janvier, pour toujours il nous a quittés,
Laissant une jeune veuve et cinq orphelins, éplorés.
Je suis restée la grande sœur, la mère, la grand-mère
Celle à qui toujours on demande, mais rarement donne...
Je trouvais ça normal, sans que cela m'étonne
La maladie me renvoie à ma solitude et me rend amère

Je pense à la mort qui mettra fin à mes souffrances
Puisque guérir pour moi il n'y a pas d'espérance !
Mes proches pleureront surement ma disparition
Mais pas très longtemps je leur fais confiance,
Ils ont tous tellement d'occupations !

Françoise-Michèle
janvier 2008

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